Toscane + van = « Tosc-van »… C’est bon, vous l’avez ? Je pars de Milan, direction la Toscane entre copines et avec celui qu’on a nommé Marcus, notre super van ! Notre objectif principal est Florence et les villages de Toscane, mais nous n’allons pas nous passer de petits bonus sur la route : Pise notamment, mais avec un peu plus de temps sur le chemin il y a aussi Parme et Bologne ! De la chaleur, des glaces en terrasse, des dégustations de vin, des vielles pierres et des coquelicots, sans oublier les paysages typiques de Toscane et les allées bordées de cyprès… Je vous partage l’itinéraire de la Dolce Vita !

Jour 1 : Milan
Milan est une ville bien desservie depuis la France en train ou en avion. Je n’ai pas (mais pas du tout) le coup de cœur, tout est démesuré et on se sent comme deux vagabondes un peu pauvres dans un quartier prétentieux. Tout est cher.
Après avoir récupéré notre van chez Roadsurfer, c’est le top départ avec la radio italienne à fond afin de se mettre dans l’ambiance du pays. Heureusement qu’il y en a, de l’ambiance dans la voiture, car à l’extérieur, on est dans les bouchons et on met « milan » pour sortir de la ville (haha).
Nous récupérons quelques courses au Conad, le supermarché du coin, puis nous nous arrêtons plus tôt que prévu pour le dîner et nous faisons offrir un digestif bien mérité, il bargnolino. On gare le van à côté d’une église à Solignano pour la nuit, qu’on passe fenêtres ouvertes pour limiter la chaleur.
Si on avait eu une journée supplémentaire, et qu’on avait résisté à l’urgence de filer vers la Toscane, on se serait arrêtées à Parme, sur le chemin ! N’hésitez pas à rajouter cette étape si vous le pouvez.
Jour 2 : Les Apennins et Pise
Le réveil est calme et agréable. Flocons d’avoine, bananes, et c’est le départ. L’objectif est d’arriver à San Gimignano en passant par Colonnata et Pise. Nous allons finalement faire l’impasse sur Colonnata.
L’idéal est de quitter l’autoroute : moins de bouchons, plus de paysages et de routes sinueuses de montagne. On s’arrête à Pontremoli pendant le marché, ce qui nous permet de grignoter dans ce village sympathique. Un capuccino, un peu de charcuterie, et c’est reparti !
Avant d’arriver à Pise, il y a les Apennins qui offrent de jolies routes montagneuses, quelques virages, beaucoup de vélos, de très belles vues : on valide ! Après un peu d’autoroute, on passe le panneau Toscana : youpi !
Arrivés à Pise, nous ne faisons pas grand chose de plus que de nous garer et d’aller voir la tour penchée. Certains diront que c’est à voir, d’autres diront que c’est rempli de touristes. Je dirai que ces deux affirmations sont vraies. Le Baptistère et la cathédrale sont aussi jolis, voire plus, que la tour : nous découvrons le magnifique marbre brillant, noir et rose, camaïeu de couleurs qu’on retrouvera çà et là en Italie.

Il fait chaud, mais le flux de touristes nous pousse à taire notre envie de glaces. On reprend la route, direction San Gimigiano. On s’arrête sur le bord d’une route panoramique. J’ai noté dans mon carnet : « magnifique paysage où les collines chantent de la musique avec leurs ondulations de verts » : j’avais peut-être un peu chaud à la tête mais visiblement, les collines de Toscane, ça m’inspire. Je vous laisse admirer les collines ondulantes comme sur une partition de musique, et vous assure que c’est encore plus beau en vrai :


Nous arrivons près de San Gimignano, mais le sommeil pointe en cette fin de journée bien remplie : nous décidons de ne pas nous attarder et de garder la visite pour le lendemain. C’est ça aussi, les voyages en van, il faut sélectionner, décider de prendre le temps d’en faire un peu moins ou bien de tout cocher en se précipitant sur le trajet ; de traîner sur le spot pour la nuit ou de filer à la prochaine étape. Nous décidons : nous reviendrons demain !
Nous trouvons un coin tranquille grâce à l’application Park4night, afin de nous octroyer une « douche », à demi-cachées par le van. Notre véhicule est bien équipé, mais niveau intimité on repassera : le tuyau de douchette dépasse simplement du coffre. Oh, et puis, est-ce que ce n’est pas un peu ce qu’on recherche en road-trip ? Un peu d’inconfort, les douches en maillot de bain en bordure de prairie, la douchette qui casse et qui oblige à se rincer à même le bidon d’eau, le savon qui a fondu dans l’un des compartiments du van garé au soleil… Non, vous ne recherchez pas ça vous ? Avouez.
Jour 3 : San Gimignano, Sienne et le Crete Senesi
San Gimignano fait partie des villages dont on entend parler lorsqu’on recherche les endroits à visiter en Toscane. Et pour sûr, c’est un village magnifique, dont les rues pavées sont ponctuées de maisons-tours caractéristiques. Nous voilà en train d’inaugurer notre série de villages de vieilles pierres au charme à chaque fois renouvelé. Et sous le charme, de San Gimignano nous tombons. Il est relativement tôt, 8 ou 9h du matin, car les oiseaux nous ont tirés du sommeil de bonne heure. Je vous recommande cet horaire : le soleil n’a pas eu le temps encore de nous écraser, et il y a peu de monde. Nous allons jusqu’au belvédère, nous prenons le temps d’admirer la vue. Nous nous arrêtons un instant devant la vision poétique d’un vieil homme accompagné de son chien, qui peint à l’ombre d’un olivier.





San Gimignano dispose de commerces et de restaurants. Un serveur, Luca, nous apporte due capuccini et une focacia crudo, mozzarella et aubergine vraiment pas mauvaise. Ce faisant, Luca nous apprend quelques phrases utiles :
- C’è ([tchè]) posto per due persone ? (y a-t-il de la place pour deux personnes ?)
- Dov’è il bagno ? (où sont les toilettes ?)
- Possiamo abere il conto per favore ? (pouvons-nous avoir l’addition s’il vous plaît ?)
- Qual è il tuo nome ? (comment tu t’appelles ?)
- « tuo » : à un amigo, « voi » : ancien, « lei » : vouvoiement
On passe rapidement au Colle di val d’Elsa où la vieille ville est une pause sympathique mais pas incontournable.
Allez, après la digestion et une petite sieste dans le van, nous arrivons à Sienne. Le parking est payant, il faut s’y attendre dans ces grandes villes. Nous optons pour celui qui est près du stade. Nous avons déjà une jolie vue sur la ville en monochrome de briquettes sépia. Nous entrons dans Sienne et nous installons pour satisfaire nos estomacs avec une généreuse part de pizza. Les ruelles sont charmantes. Vous trouverez un tas de petits commerces, : souvenirs, pizzas à la part, cafés avec parfois un peu de musique live sur les patios… et parmi les commerçants, des glaciers en veux-tu en voilà. On opte pour une gelato : une Fior di latte et une caffè e stracciamenta : miam !
La Piazza del Duomo nous attend, grandiose. La façade du monument est détaillée, remplie de petites sculptures et la couleur du marbre, alternance de blanc, de rose et de vert-de-gris, est magnifique.

Sienne se parcours facilement à pieds, et nous découvrons bientôt la Piazza del Campo, et le joli espace qu’elle offre.

Allez, quand on a un van, on préfère parfois partir tôt des villes. Ciao Sienna, buogiorno crete senesi ! Les routes grandioses des Crêtes Siennoises s’ouvrent à nous et nous sommes de plus en plus dans un paysage typique toscan. L’application Park4night nous dégote encore une fois un lieu magnifique pour la nuit. Deux véhicules nous rejoignent. Un de leurs occupants s’essaye au parapente – sans grand succès, avouons le – sur les petits dénivelés des collines toscanes. Nous savourons le coucher de soleil qui englouti de sa lumière rosée tout notre champs de vision.


Jour 4 : Montalcino et Montepulciano

Aujourd’hui, direction Montalcino : on se gare en hauteur sur un parking payant pour camping car. Nous parcourons la Fortezza de Montalcino avant de nous arrêter pour un menu dégustation : du bon vin, un Calice de rosso de Montalcino et 2 Brunello de Montalcino, et un bon repas, pici à la sauce toscane et une assiette de salumi (charcuterie) et pecorino (fromage). Pour finir, un tiramisu et un café ristretto. Le petit tour dans Montalcino ne nous subjugue pas plus que ça en comparaison à d’autres villages traversés cette semaine là mais au moins on repart avec les papilles satisfaites.
En chemin pour Montepulciano, on croise un attroupement de touristes qui prennent en photo un groupe de cyprès visiblement plus connus que les autres : les cyprès de San Quirico d’Orcia : c’est joli, mais somme toute aussi joli que les autres cyprès de la région. On passe aussi sur une allée avec plein de cyprès (qu’on appellera l’allée avec plein de cyprès) qui nous accompagnent jusqu’au charmant Tempio di san Bagio.



A Montepulciano, vous pourrez récupérer des cartes à l’Office de Tourisme. Le village est tout en longueur, et l’attraction principale est la piazza grande où vous reconnaîtrez le lieu de tournage de Twilight 2. Vous trouverez aussi de jolies librairies avec de vieux ouvrages et des événements culturels : on rate de peu un récital de pianoforte.
Le soir, on trouve un superbe endroit pour s’arrêter. Les collines du val d’Orcia sont magnifiques et on voit ce qu’on pense être Montepulciano au loin. Je vous offre les coordonnées GPS : N43° 4’21 » E11° 44 »35″ (« Mirador de pupi » sur Park4night, près d’un agriturismo, repère F sur la carte MyMaps « Montalcino et Montepulciano ci-dessus). Au petit matin, des brebis dévalent la vallée en contrebas accompagnées de leur berger et vont s’hydrater dans la mare pendant que nous prenons notre café sur un banc de pierre. Quel calme !

Jour 5 : Montichiello
Ce n’était pas prévu. C’est même le plus bel imprévu du voyage. On pensait faire une petite rando ce jour-là, mais le village que l’on voyait au loin sur la colline nous faisait de l’oeil. On ouvre Google Maps, on pointe ce qu’on voit… ça à l’air d’être Montichiello, et ça a l’air tout mimi. Ni une ni deux, nous voilà parties dans cette direction.
Le village est un petit écrin de beauté entouré de coquelicots. On parcourt les petites ruelles avec émerveillements, on découvre les petits recoins et les vieilles pierres. Nous flânons dans le jardin d’un artiste avec ses sculptures, ses mises en scènes parmi les oliviers et les cloches au loin que l’ont voit s’agiter autant qu’on les entend. A l’office de tourisme, nous faisons la rencontre de Roberto qui tient le lieu. Il nous offre un café et nous fait visiter avec passion le petit musée du village, il nous parle de sa nonna… Nous ne parlons pas la même langue mais nous nous comprenons et c’est une rencontre très émouvante.



Nous nous attablons au restaurant « Osteria san Paolino ». Ce sera notre bon restaurant de la semaine. Dégustation d’huile d’olive à l’apéro, un verre de vin rouge Nobile de Montepulciano, et on passe aux choses sérieuses (végétariens s’abstenir) : le fameux T-bone steak de 900g, pièce de viande incontournable dans la région, et qui se finit avec les doigts, comme nous le précise le serveur : « don’t be ashamed, you have to do this, it’s the best part ! ». On finit sur un dessert à l’huile d’olive, un tiramisu comme ma maman, et un verre de prosecco pour fêter ça !



Après le coup de coeur pour Montichiello, ce petit village moins connu que les autres mais incroyable de mignonnerie, nous décidons de respecter un minimum le programme « randonnée » du jour, et partons pour une petite balade autour du monastère Sant’Ana di Camprena, le long du sentier sodome, et un peu à travers champs.

La recherche d’un endroit pour la nuit est un peu plus difficile, mais peut-être que nous sommes juste un peu tristes de quitter le val d’Orcia. Nous nous installons près de Rada in Chianti, sur le bord d’un chemin de forêt.
Jour 6 : le Chianti et la route SR222
Nous arrivons à Rada in Chianti, que nous trouvons mignonne mais très spacieuse comparé aux petits villages du val d’Orcia. On nous conseille la dégustation à la Casa di Chianti Classico. Nous nous y présentons et rencontrons Mélanie, qui sélectionne avec nous 3 vins à déguster, accompagnés d’une assiette de charcuterie, du fromage et des bruschettas. Le serveur chantonne et sifflote, nous sommes installées sur une jolie terrasse face à un noyer centenaire. Que demander de plus ? Ah, si, une énorme sieste dans le van avant de reprendre la route.
Passage rapide à Volpaïa, très beau village. Nous ne restons pas à Pietrafitta dont le charme semble avoir été tué par la concentration de demeures riches, lisses et peu accueillantes. Nous voilà enfin à parcourir la route SR222, la plus belle route panoramique du coin, et elle n’a pas volé sa réputation : c’est merveilleux, les photos ne disent rien, il faut venir voir sur pllace ! Nous nous arrêtons à Panzano in Chianti et nous trouvons le parking pour camping-car qui est top et très calme.

Jour 7 : Le Chianti et Florence
Possibilité ensuite de visiter Greve in chianti, Badia a Passignano et Montefioralle… on ne fera pas tout puisqu’on s’arrête sur un coup de tête à l’Azienda Agricola Maurizio Brogioni Winery. L’accueil est superbe, la dégustation est splendide, le lieu est magique, encore un bel imprévu nous attendait là !


La fin d’après-midi est dédiée à la découverte de Florence, la belle Florence, le ponte Vechhio, les étroites et hautes ruelles qui, à mesure qu’on avance, laissent apparaître l’immense Duomo, cette merveille blanche et rougeoyante – qui m’a tellement manqué quand je suis rentrée rentrant en France que j’ai ressorti un ancien jeu Assassin’s Creed, pour incarner Ezio et aller revisiter ce beau Duomo, y grimper, me souvenir de cette architecture grandiose : les geeks parmi vous comprendront ! Nous profitons d’une dernière pizza et d’un dernier café en musique mais la fatigue nous assomme et c’est là que se termine notre vadrouille en Toscane. Nous retournerons à Milan pour rendre notre compagnon ‘Marcus’ à l’agence RoadSurfer et repartons la tête pleine de souvenirs. Si vous avez une journée de plus, le chemin du retour passe par Bologne et Modène !


Attention : Si vous appréciez le vin, je vous conseille fortement de prévoir du temps spécifique pour les dégustations car vous êtes en van et on ne reprend pas le volant après une dégustation ! On boit avec modération, et on prend une dégustation pour deux ou pour trois car les verres sont souvent généreux. Parfois vous allez débarquer dans un agriturismo qui vous proposera une dégustation alléchante que vous ne voudrez pas refuser… Dans ce cas : alcool toujours à consommer avec modération, ayez un éthylotest avec vous, choisissez qui est Sam, ou reportez votre départ au lendemain… Ah, et Sam pourra se rabattre sur la dégustation d’huile d’olive, qui, croyez moi, dans la région, est tout aussi délicieuse !








Bonne balade entre pierres, vignes et cyprès !