3 jours à vélo entre Rennes et Saint-Malo

Je vous partage un itinéraire que j’ai découvert il y a quelques années maintenant, mais qui est toujours aussi chouette. Mai 2020, sortie de confinement, besoin d’aller à plus d’un kilomètre autour de chez moi, alors allons à Dinan ! C’est tout simple, il suffit de longer le canal qui relie Rennes à St Malo. Ambiance un peu surréaliste, on croise quelques personnes, on leur dit bonjour, on discute un peu, on se redécouvre. Mais surtout, on enfourche notre fidèle destrier qui a été un peu délaissé et on pédale le long du canal d’Ille-et-Rance !

Rennes – Tinténiac

Rennes

Nous partons du sud de Rennes donc on traverse la ville jusqu’à atteindre le canal. Le point de départ de l’aventure se situe à St Grégoire, au niveau de l’écluse, la première d’une longue série. Elles sont toutes pareil, et pourtant chacune est unique : décorée, animée ou un peu abandonnée, transformée en resto ou en chambre d’hôte, en tout cas elle ponctueront votre trajet le long du canal.

Ecluse de Saint-Grégoire, au nord de Rennes


Nous continuons notre chemin le long de la Véloroute numéro 2, en s’arrêtant parfois pour observer des œuvres d’art en plein air. Nous traversons de petits ponts et des sentiers indiqués par des panneaux en bois : c’est poétique et bucolique, on n’a pas l’impression que la ville est à deux pas. Après quelques heures, une pause s’impose : on s’arrête justement à une écluse transformée en petit bar/crêperie /glacier, accompagnée de la joie de croiser et papoter avec quelques personnes. Aujourd’hui, vous trouverez le coin animé et saluerez des dizaines de passants.
La piste est roulante, le long du canal avec ce camaïeu de vert qui avale le paysage, c’est agréable et reposant. On s’arrête pour la nuit au bord du canal juste avant Tinténiac. Le food-truck du village n’a plus de pizza en stock, une chance qu’on avait emporté nos tup’. Sinon c’était l’option kebab ! C’est calme près de l’eau mais je vous conseille de vous en éloigner au maximum car les températures baissent beaucoup la nuit tout au bord du canal.

Tinténiac – Dinan et retour jusqu’à Trévérien

Quand on est nomades, on s’adapte. Et quand il y a des toilettes publiques dans le village, on peut se brosser les dents et faire une petite toilette de chat, et ça, on prend ! Quand nous repartons, le paysage change autour du canal et la diversité me surprend : champs, chemins sabloneux, forêts humides, cette portion est moins monotone. On repère une aire de bivouac avant Evran, nous prévoyons de nous y installer le soir en revenant de Dinan. A Evran, on repère une pizzéria, le Patio : ce sera notre revanche sur la veille, on la garde en tête et on ira le soir !
Nous sommes accueillis par la jolie ville de Lehon, juste avant Dinan. On profite de la belle roseraie devant l’abbaye, avant de grimper jusqu’à Dinan.

Nous arrivons dans un Dinan fleuri et accueillant, un peu plus vivant et dynamique que les villages traversés précédemment. Nous prenons le temps de déjeuner et de flâner à pieds dans les ruelles, de rendre visite aux petites librairies qui ont survécu à l’épidémie, je discute longuement avec un libraire indépendant passionné aux airs de Stéphane Bern, les coiffeurs sont remplis… Dinan est une ville magnifique qui n’a rien à envier à ses grandes voisines Dinard et St Malo. C’est une ville médiévale qui vaut vraiment vraiment le détour si vous passez dans le coin. Moi, je suis tombée sous le charme !

Nous profitons d’une belle après-midi ensoleillée dans la ville et nous repartons à l’heure du dîner. Sur la route, on essaye encore et encore de joindre la pizzéria qu’on avait repéré à l’aller, mais on tombe sur une messagerie enjouée qui ne nous garantie pas notre pizza déjà loupée la veille au soir : « bonjour, bienvenue au Patio ! »… Bon, le patio, ça ne sera pas pour ce soir. Encore une pizz’ qui nous passe sous le nez !
Dans un contexte plus « normal » et en haute saison, vous n’aurez pas de soucis en arrivant pas trop tard, mais pensez à réserver pour éviter les mauvaises surprises.
Nous, on en rigole encore, parce que le voyage n’est totalement exquis que lorsqu’il est accompagné de petites mésaventures !

On accélère pour mettre toutes les chances de notre côté d’avoir un truc à nous mettre sous la dent ce soir (je vous rappelle l’ambiance déserte post-confinement avec peu de restos et des stocks limités…)
Finalement, hourra ! De bonnes moules-frites nous attendent, qu’on mange sur une aire de pique-nique au coucher du soleil en bord de canal sur l’aire de bivouac d’Evran.

Après le dîner, on enfourche de nouveau les vélos et on pousse jusqu’à la charmante aire de bivouac que nous avions repérée, un peu plus loin, à Trévérien. Pas de sanitaires mais une fontaine à eau nous permet de nous rincer un peu. Un couple a élu domicile pour la soirée sur un bateau amarré au bord du canal, c’est romantique. Le couple nous demande un tire-bouchon, et nous sommes nous-même sidérés de nous rendre compte que nous n’en avons pas : on n’a pris qu’un opinel simple pour le week-end. Flûte, leur soirée romantique se fera avec une bouteille fermée qui trônera sur la table, en les narguant ! Alors je ne sais pas si j’en fais une astuce de voyage, mais pensez à votre couteau suisse avec tire-bouchon si vous prévoyez une nuit à la bougie sur votre bateau !

Petits détours au retour

Dernier jour de vélo, chemin de retour. Vous pouvez bien sûr pousser jusqu’à Saint-Malo et faire le retour en train, mais nous avons choisis de faire encore un peu travailler nos jambes et de varier les plaisir en prenant un petit détour par la forêt pour nous diriger vers un bel étang près de Bazouges-sous-Hédé. L’endroit est reposant et vaut le détour, quelques petites habitations, le soleil, on se croirait dans le sud pendant les vacances avec les familles qui se préparent à une après-midi plage.
Au retour, en prenant la mauvaise rive, on se retrouve dans les orties, des travaux bloquant le sentier de halage. On se rend compte après avoir traversé le champs d’orties à pied qu’un chemin menait à la route, qu’on aurait pu emprunter sereinement pour nous éviter les piqûres… oups…

Quel matériel emporter dans les sacoches ?

Nous sommes partis avec une paire de sacoches et un sac à dos, bien que je déconseille le sac à dos pour les treks à vélo.
C’est un trajet court, mais quelques indispensables sont tout de même à prévoir, quelle que soit la distance parcourue !
– De quoi bivouaquer confortablement : tapis de sol, tente, duvet adapté à la saison et bouchons d’oreille !
– Un petit kit de réparation de vélo
– Une trousse de secours
– Sacoche isotherme et kit repas (bol/tup’, cuiteauchette, opinel) + gourdes
– Le nécessaire de toilette : savon + sentifrice solide. Une bonne douche vous attend dans deux jours, patience !

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